Presque 60 ans séparent ces deux Requiem. Pourtant une parenté d’esprit, de recueillement, de sobriété et de lumière apaisante habitent ces deux œuvres typiques de la musique française de la fin du XIXe ou du début du XXe siècle. Fauré et Duruflé ont par exemple tous deux choisi de ne pas mettre en musique la séquence du Dies Irae, qu’ils jugeaient trop effrayante et datée, proposant plutôt une vision confiante et douce pour les vivants face à la mort.
Gabriel Fauré composa son Requiem de 1877 à 1890 environ en plusieurs étapes et l’œuvre s’imposa rapidement comme l’un des chefs-d’œuvre de la musique sacrée du XIXe siècle. Maurice Duruflé reçut la commande du sien en 1941, mais ne l’acheva qu’en 1947. Son Requiem est la pièce maîtresse qui assura à son auteur sa renommée internationale.
Si ces deux œuvres font bien la paire, elles diffèrent néanmoins par le style qui préside à leur composition. Fauré développe son langage harmonique et surtout son génie mélodique bien reconnaissable. Duruflé, quant à lui, base tous ses thèmes sur la monodie grégorienne. Il peut ainsi mettre remarquablement en lumière ces très anciennes formules par son écriture harmoniquement très personnelle, sa profonde connaissance de l’orgue et des timbres orchestraux. Il renouvelle au passage entièrement notre perception: les musiques ancienne et actuelle fusionnent tout naturellement.
Après avoir fêté dignement la saison anniversaire de ses 50 ans en 2023 avec le Magnificat de Bach et l’OCL, ainsi que la Messe en ré de Dvorak à Venise, le Chœur de la Cité de Lausanne se réjouit de pouvoir mettre en miroir ces deux œuvres à l’occasion de ce concert, bien entouré par des partenaires de premier plan, solistes, organiste et orchestre.